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Emportée

Le 20 mars 2016, 23:05 dans Humeurs 2

 

3D street art. #ravenectar #streetart #art #graffiti:

Il est difficile d'accepter que l'on a été trop loin, que l'on a agit sous le coup d'une impulsion qui nous colle de façon quasi permanente aux fesses. Elle est d'abord là de temps en temps et puis de plus en plus souvent. Chaque jour un peu plus jusqu'à l'extrême saturation. Jusqu'à en oublier qui on est d'autre, toutes ces autres facettes de notre personnalité qui pourraient briller au soleil mais qui pourrissent dans l'ombre.

Il est difficile de se rendre compte qu'on s'est laissé emporté, petit à petit dans un flot que nous n'étions plus en mesure de contrôler. Qu'on en a oublié l'essentiel, qu'on s'est laissé ensevelir dans les tracas du quotidien et qu'on en est devenu ridicule. Complètement. Je me demande ce que je suis devenue, une fille fragile qui passe son temps à regarder dans l'ombre quand elle pourrait sourire et qui ne sait vraiment pas comment inverser la tendance?

Quand on arrive à saturation de soi-même, il est difficile de gérer avec tout ce qui importe dans sa vie. Difficile de rester humble et neutre quand on ne sait plus qui on est. Difficile de ne pas causer des dommages collatéraux. Et de ne pas savoir quels sont les tracas légitimes pour lesquels nous avons raison de nous inquiéter, et les autres. 

J'ai toujours eu une part d'ombre, c'est un fait, un pied en l'air et l'autre cloué au sol. Même lorsque je n'étais qu'une petite fille j'étais déjà très changeante, à la fois d'humeur et de caractère. En grandissant, j'aimerais que ce soit tout le reste qui prenne le dessus, tout ce qui me rend meilleure, tout ce pourquoi mes parents sont fiers de moi, tout ce pourquoi je suis entourée de gens qui m'aiment et que je n'aimerais pas perdre. Même si cela ne tiens évidemment pas que de moi et que tout n'est pas de ma faute non plus. Je porte déjà tellement sur mes épaules et j'ai si peur de mal faire que bien souvent je fais mal, mais c'est parfois mieux que de ne rien faire du tout.

Mais vous savez quoi? J'ai de l'espoir, c'est mon mot fétiche, celui qui a réussi à me faire écrire un livre jusqu'au bout, celui pour lequel je me lève chaque matin et j'avance (en me posant quand même trop de questions). Celui grâce auquel j'ai vaincu ma phobie de l'eau, de la maladie et de la mort, celui pour lequel je me remets en question et je ne reste pas figée dans le faux.

Et vous, c'est quoi votre leitmotiv dans la vie?

 

Ju.

Je suis un petit garçon

Le 3 mars 2016, 20:43 dans Humeurs 2

i love children that dress like little old men.:
"Votre personnage est au coeur d'une trahison. En est-il coupable, victime, complice, spectateur impuissant ? Comment réagit-il ? Qu'est-ce-que cet événement va changer dans sa vie ? Y a-t-il un retour en arrière possible ?"

 

 

Le sol est froid. Ma tempe posée tout contre sa dureté, j'ai choisi de garder les yeux ouvert et de rester figé là. Je suis un petit garçon, un petit insecte silencieux qui observe de loin ce qui se passe tout près . J'ai 10 ans et j'assiste à une scène si fréquente qu'elle en devient d'une banalité déconcertante. Maman est froide. Papa est froid. Tout est froid autour de moi. Alors j'essaye de me refroidir moi aussi mais je n'y arrive pas. Quoi que j'y fasse j'ai la chaleur en moi. La chaleur d'une colère sans limite qui s'évertue pourtant à rester silencieuse.

J'entends perceptiblement les battements de mon coeur, mes jambes enroulés. Le sol de la cuisine ne m'a jamais semblé aussi réconfortant. Tout est à l'envers, je vois l'horizontal au vertical. Comme ça à quelque chose de rassurant si vous saviez. Je ne les entends presque plus mais je sais que la trahison est partout, je réprime un gloussement nerveux. Maman a trompé Papa. Papa pardonnera surement. Mais Papa trompera Maman croyant y trouver un quelconque réconfort pour soigner son mal être. Alors Maman se sentira encore plus mal. Et ce sera la fin. La fin de tout. J'écris les scénarios à l'avance. Des scénarios d'horreurs. J'aime pas trop raconter des histoires drôle pour faire plaisir aux gens qui ont peur. Je soigne le mal par le mal.

Je suis le spectateur impuissant de cette Humanité en dérive. Je la juge sournoisement et trouve du réconfort dans ce qui pêche. Je deviendrais sûrement un adulte froid à mon tour, quand je serais grand. Je n'attends que ça. Et pourtant, je sais d'ores et déjà que je regretterais mon enfance, elle me manquera. Peut-être que je ne parviendrais jamais à passer au de-là. Je sais que je serais seul. Je serais indépendant. Je ne voudrais pas d'un modèle classique. Pas d'une famille faussement unie. Je voudrais des rires francs sans aucun engagement, c'est prendre trop de risque, c'est prendre le risque de tomber, tomber très bas et ne jamais voir la possibilité de se hisser à nouveau vers l'Espoir d'une vie imparfaite mais acceptablement sympatique.

C'est peut-être aujourd'hui, qui sans le savoir est entrain de définir celui que je serais plus tard, le style de vie que j'entretiendrais, le détachement que je prendrais avec chaque chose, la peur de l'engagement, le manque d'amour, l'insécurité, les réticences à aimer, à s'attacher, à s'accorder un bonheur à deux.

 

Merci aux Ateliers des Jolies Plumes:

latelierdesjoliesplumes@gmail.com pour se sujet du mois de Mars sous le thème de la trahison. J'espère que mon histoire vous plaira, bien qu'elle ne soit pas très positive.

 

Des bisous, bonne soirée à vous!

 

Ju.

 

 

Peut-être

Le 16 février 2016, 19:41 dans Humeurs 5

Peut-être que c'est con. Peut-être que c'est con d'être toujours en recherche de perfection. Peut-être que c'est passer un peu à côté de la vie. Peut-être qu'il est temps pour moi de rendre mon tablier, d'arrêter de rêver, de cesser de croire en l'impossible. D'arrêter d'avoir de l'espoir pour les causes perdues d'avance. Peut-être qu'il est temps pour moi d'arrêter d'avoir, au fond des yeux, tant de malice, tant de magie, tant de cette mélancolique euphorie qui me berce joyeusement les jours de pluies.

Mais si j'arrêtais de faire tout ça, j'arrêterais d'être moi?

 perfectly happy in my own way:

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