"Parfois notre vie ne correspond plus à ce que l'on espère. C'est souvent dans ces moments que naît l'envie d'ailleurs. Mais vers quel ailleurs se rêve votre personnage et... franchira-t-il le pas ?"

Ce thème (Au passage: il est proposé dans le cadre de l'Atelier d'Ecriture de Celie et Fabienne, alors si vous souhaitez nous rejoindre, écrivez leur à cette adresse: latelierdesjoliesplumes@gmail.com, il s'agit d'écrire sur un sujet donné 1 fois par mois, donc ce n'est pas très contraignant et plutôt sympa!) m'a posé pas mal problèmes étant donné qu'en ce moment, je n'ai pas du tout envie d'ailleurs et ma vie me convient telle qu'elle est. Mais cet atelier est aussi fait pour ça, s'entraîner à rentrer dans la peau d'un(e) autre et s'imaginer des envies qui ne nous sont pas forcément propres. Donc je me lance avec toute ma bonne volonté dans cet exercice en espérant que ça vous plaira.

Vous connaissez ces moments? Ceux où l'on doute, où l'on voit, un à un, ses rêves s'envoler, s'éloigner, et nous narguer au loin. Et cette sensation, celle que l'on a dans le coeur et dans la tête à ce moment-là. Elle vous dit quelque chose? C'est celle d'un vide absolu, celle d'un néant sans limite. Les mains et les pieds liés, j'étais plongée dans le noir. Dans cette immensité sans perspective, sans espoir.

Et j'aurais aimé t'y voir quand tu y étais, perdu dans les mensonges et la peur qui te collait à la peau. Perdu entre tes larmes, ta rancoeur, ton aigreur et tout ce que tu n'étais pas capable d'affronter. Toi qui me lis, toi qui a lu le sujet un peu plus haut et qui t'envole dans tes pensées, pour t'imaginer où tu serais, si tu avais pu fuir vers un ailleurs quand tu le voulais. Quand tu le voulais tellement fort que tu aurais souhaité que la terre entière soit au courant où quand tu te taisais, parce que le silence valait mieux que les mots. Oui, j'aimerais savoir, ce que tu avais précisement dans la tête à ce moment là, mais avant cela, je vais t'emmener. Là ou moi je vais, quand j'ai envie d'ailleurs, quand j'ai l'impression que la routine m'étouffe et que plus rien n'a de sens,

Elle était mon refuge, elle était mon endroit, rien qu'à moi, elle n'était pas visible, elle n'était pas magique non plus, elle était simplement puissante. Je n'avais plus qu'à fermer les yeux et me laisser aller, franchir le pas, virevolter, me sentir libre et légère. Avec elle, je pouvais m'inventer la vie autrement, sans la peur du jugement, je pouvais m'absenter un moment, m'éloigner, puis revenir de temps en temps.

Je pouvais sentir le vent m'emporter, les vagues me dérober. Dans ce monde là, je pouvais marcher sur les nuages. Des nuages que l'on pouvait toucher. Le ciel était bleu et rempli de lettres. Partout, des lettres et des ballons, des voeux envolés, des voeux en attentes et de l'espoir. Un million d'espoir m'encerclant et me faisant vivre.

Avec elle, je n'avais pas besoin de partir, il me suffisait de fermer les yeux et d'abandonner la personne que j'étais, fragile et déséquilibrée, allongée sur le tapis de sa chambre à écouter le tic tac de l'horloge faire s'égrener les heures. Je pouvais simplement déclarer forfait. Abandonner toute la souffrance, la déception, l'angoisse et la colère, et jouer avec ses notes. Les notes de cette musique qui me filait des frissons, qui me rendait accessible le lieux de tous les possibles. Qui m'ouvrait les portes de l'imaginaire. D'un endroit fantasque et sans limites où les maux n'existaient pas.

C'était un monde sans jugement, sans attentes. La musique était là pour ça, la musique était là pour moi, pour calmer mes pensées et changer mes idées, elle était mon ailleurs, mon envie, mon ennuie.

Un frisson au creux de mes mains, un frisson au creu de mon coeur... j'étais ailleurs.

 

Ju.